Malgré que le ciel soit assez sombre, les rayons de lumière hésitent et finissent par entrer dans l’atelier, faisant jouer ainsi, les ombres sur les statues de terre, de plâtre et de bronze. Dans cette ambiance, où l’imagination rythme le cœur de cette vie, dehors des signes précoces annoncent le printemps. La douceur est bien là. Il suffit d’observer les fleurs, de regarder le bourgeonnement des arbres ou d’écouter au petit matin le chant mélodieux des oiseaux. J’aime ces moments là que je peux apprécier de mon atelier, des moments de tranquillité et de rêveries.
Devant mes sculptures en ébauche, mes mains caressent la terre, la vie naît et s’anime, ma mémoire me plonge dans mon enfance.
Je me souviens des bois, des champs, de la nature, du vent qui balayaient les nuages dans un ciel chargé, et par surprise, laissaient apparaître un espace de ciel bleu qui illuminait les vallées de mon village Breton.
De mes 5 ou 6 ans, mes petits pas traçaient déjà dans les chemins creux, une vie simple et pure. Émerveillé à l’écoute d’un ruissellement d’eau transparente, à l’odeur des foins qui annonçaient les premières chaleurs de l’été, je vivais heureux et j’écoutais les paroles de mon père qui me guidaient.
Aujourd’hui, c’est moi qui voudrai t’aider à te faire un pas. Ce pas que tu faisais si bien en m’accompagnant dans cette découverte de la vie, mais, je suis impuissant devant ta maladie, je voudrais tellement prendre ta main pour te sortir de cet endroit aux blouses blanches, pour qu’enfin nous puissions retourner près de la rivière.
Je pense beaucoup à toi et je ne cherche qu’à puiser ma force et mon inspiration dans tout ces moments de vie.
Cette mélancolie d’un temps jadis se retrouve dans la dernière sculpture que je viens de terminer. Sur une balançoire, le temps a passé et j’ai voulu l’arrêter.
Demoiselle au visage rempli de douceur, sous ton chapeau de fleurs, et dans ta robe si légère, à quoi penses-tu ?